escale à Sèvres-Bab'

Publié le par escale-a-paris.over-blog.com

Une veille de Saint Sylvestre, dans les rues de Paris. Liberté retrouvée pour un temps, celui de vacances imposées. Pas d'échappatoire au soleil, alors que je me prends à rêver de retourner à tahiti. Hier j'ai écouté parler un rae-rae et j'aurais voulu le remercier chaleureusement de m'avoir transportée à travers ses "r" roulés. Tant pis, 2012 voudra bien me rendre ma liberté en terme de choix de vacances. Espérons!

P1020860P1020879En attendant, je flâne encore et toujours. Adoption d'une nouvelle et n-ème paire de chaussures en espérant que celle-là sera clémente envers mes pieds de hobbit; rêveries à la mercerie du Bon marché dont je sors avec un achat à un seul chiffre pour la première fois. Je constate, ravie, que la Droguerie s'est installée il y a fort longtemps, et je rougis d'avoir déserté le troisième étage de ce magasin que j'affectionne depuis ma plus tendre enfance, celle dans laquelle je vivais près de Paris, celle dans laquelle ma grand-mère avait encore ses deux jambes et nous faisait visiter le grand magasin après nous avoir fait prendre un bus pas très loin du parc Montsouris...Alors, j'ai envie de dire à la vendeuse que peut-être, je n'avais jamais remarqué son petit monde du troisième, mais que j'avais connu le Bon Marché à l'époque où le premier étage au-dessus de la Grande Epicerie n'était qu'un brocanteur, où la porte de service menait vers un self où ma grand-mère nous invitait à déguster un jambon-frites et demandait une cigarette à ma mère. Cette époque s'est terminée à notre dernière visite familiale avec le traditionnel passage aux trois hiboux, dont je sortais souvent un sac de perles à la main. Le bon temps...

J'aime à flâner dans la grande épicerie, curieuse de chaque gourmandise qui s'y vnd. Mais ce soir, la foule, à défaut d'envahir les rayons des boutiques de luxe, s'était donné rendez-vous dans ce grand marché, réveillon oblige. Je décide de passer mon chemin, après m'être vaguement extasiée devant les vitrines de Noël que personne ne regarde, contrairement à celles certes plus spectaculaires du boulevard Haussmann.

P1020899Le Lutetia brille de mille feux, et j'hésite à y entrer boire un verre-mais seule, à quoi bon. Il est un peu loin ce temps où j'habitais dans l'est et où je faisais tout seule, plutôt que de ne rien y faire. Je souris en repensant à ce restaurant où je me régalais de temps en temps le lundi midi, après une matinée à papoter avec cette vendeuse de lingerie qui étudiait la latin et à qui j'avais donné-je regrette un peu- mes cahiers religieusement tenus à jour.

Je continue ma route rue du Four, où j'ai la bonne intuition de rentrer dans cette boutique Maje, malgré l'heure déjà tardive; J'avoue que je n'avais jamais pénétré que dans les corners du Printemps, du Bon Marché, et plus récemment la boutique de Val d'Europe, alors qu'à Toulouse j'avais pourtant la chance d'être la voisine de la patronne de la toute nouvelle boutique rue Cantegril.

Je cherche vaguement une robe à assortir à mes nouveaux souliers quoique je tente de me raisonner, pensant aux soldes qui approchent, à mon amoureux que j'aimerais gâter et faire voyager là où il n'a jamias été. J'aborde la jolie vendeuse vêtue d'une jupe en cuir camel, collants noirs, pull large beige ajouré-excellente équation- pour lui demander une précision sur un récent achat. Et puis je me sens à l'aise, je saisis quelques habits pour voir, et je demande timidement, en osant dire tout bas "que ce n'est pas pour acheter", si je peux essayer le slim en cuir rouge sur lequel je bave depuis des mois. Au contraire, j'y suis encouragée. J'expédie l'essayage des autres pièces pour me fondre dans le luxueux vêtement. QU'on y est bien, qu'on y est au chaud, dans ce pentalon! J'aimerais que mon homme me voit...Je discute avec la vendeuse, qui me raconte avoir passé trois ans à New York, me donne ses adresses de cheesecakes et de burgers. Je salive. J'ai hâte d'être au mois de mars, de visiter la boutique Longchamp dont la jeune femme a fait l'ouverture à Soho. Elle me tend soudain un slim en cuir d'agneau, noir. Très slim, pour le coup; très beau. Me montre les escarpins dans lesquels mes pieds trop grands ne peuvent pas rentrer, mais qui seraient bien plus beaux que mes chaussettes. Les clientes de passagent admirent et je suis toute heureuse. Je me pavane le long des rayons, ajoutant un gilet gris pour compléter la tenue. Malheureusement le pentalon est abîmé et n'est livré qu'au compte goutte. Mes coordonnées sont prises et il ne me reste qu'à espérer l'appel.  Je m'en vais, il est déjà tard, je suis ravie d'avoir passé un moment plutôt magique, d'avoir partagé autre chose qu'une carte bancaire dans une n-ème boutique.

Accident de voyageur à Cité. Je décide d'emprunter la rue Saint André des Arts. Tout y brille, tout y donne envie. Le fleuriste y étale ses plus belles compositions. Deux femmes d'âge respectable les regardent en râlant."toujours des roses, toujours les mêmes choses". Comme si on leur en avait trop offert. Je ris sous cape. Ma journée se termine. Il est temps de rentrer, les yeux brillant en attendant avec impatience la prochaine échappée.

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